Ce matin, vers 10h, la direction de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris a reçu par téléphone une alerte à la bombe. Selon le directeur adjoint Hervé Crès, la procédure habituelle a été mise en place. Ce sont donc les autorités policières qui ont décidé l’évacuation de l’ensemble des sites parisiens de Sciences Po. A 10h15, l’alarme incendie fut déclenchée. En dix minutes, la rue Saint-Guillaume fut envahie. A l’aide d’un mégaphone, les appariteurs ont demandé à la population étudiante de se diriger vers le boulevard Saint-Germain, fermé à la circulation à la hauteur de la rue du Bac.
UNE EVACUATION A L’AMPLEUR INEDITE DEPUIS QUINZE ANS
Le premier sur le bitume fut Richard Descoings, directeur de Sciences Po. En effet, les étudiants n’ont pas été les seuls à évacuer les bâtiments. L’ensemble du personnel a été prié de cesser toute activité. Il faut remonter aux années 1990 pour retrouver une telle évacuation. Après la police municipale, ce furent les brigades cynophiles et scientifiques qui vinrent sur les lieux. A 12h30, le boulevard Saint-Germain fut rouvert à la circulation.
DES ETUDIANTS MAL INFORMES
Lorsque les bâtiments furent évacués, il était prévu que les cours reprennent à 12h30. En réalité, nul ne savait combien de temps la fouille de Sciences Po devait durer. Les étudiants ainsi repoussés en dehors de l’IEP se sont rués vers les cafés aux alentours. Beaucoup sont revenus au bout de deux heures, trouvant à nouveau porte close. A 13h10, un courriel fut envoyé à l’ensemble des enseignants et des étudiants, annonçant une réouverture progressive à partir de 13h15.
Ce n’est pas la première fois que les bâtiments de Sciences Po sont évacués. A plusieurs reprises, au mois de mars, des menaces issues de groupes anarchistes conduisirent la direction a fermer en milieu d’après-midi. C’est devenu une habitude de renoncer aux enseignements à la moindre menace. Pendant plus de deux mois, un contrôle des cartes à l’entrée de Sciences Po fut instauré, par crainte d’une invasion de militants extérieurs. Trois semaines après l’abandon d’une telle mesure, le contrôle des cartes est réinstauré dès aujourd’hui, et pour une durée indéterminée.
REPRISE DU CONTRÔLE DES CARTES
Il est difficile aujourd’hui de connaître la source de cette alerte à la bombe. Cependant, l’UNI, syndicat représentatif des étudiants de Sciences Po, remarque que l’IEP de Paris est devenu la cible de mouvances anarchistes identifiées par les services de la Préfecture de Paris. Lors du premier blocage, un groupe d’extrême-gauche avait voulu dénoncer le « temple de la bourgeoisie ». Les étudiants, médusés, restent relativement calmes, mais ne comprennent pas pourquoi de telles mesures de sécurité sont prises.